HAÏTI : de la catastrophe à la reconstruction Comment les Haïtiens vont-ils reconstruire ?

Bruno Caillard

Réactions à chaud...

Jeudi 14 Janvier 2010 : Comme beaucoup de mes concitoyens, je suis devant mon poste de télévision, bouche bée, à regarder les premières images qui nous parviennent de Port-au-Prince ravagé. Je suis père de famille, et mon cœur se soulève à la vue de ces petits enfants, leur petit corps poussiéreux, terriblement meurtri et malheureusement souvent sans vie. Je pense à la douleur de leurs parents. Touché.

C’est à chaque fois pareil. Le discours des journalistes qui font toujours les mêmes affirmations, alors qu’aucun n’est encore arrivé sur place. "Ces cases en bois qui s’écroulent comme des châteaux de carte sur leurs habitants". Or les premières images nous montrent des dalles de béton enchevêtrées, des murs de parpaings lézardées. Et ce palais présidentiel, tout en béton ? quasiment neuf, construit probablement selon les dernières normes anti-sismiques : un amas informe de dalles, de poutrelles en béton, coiffé par des coupoles chancelantes mais encore en bon état (peut-être qu’elles sont en bois, elles ?). Et ces hôpitaux, ces écoles, ces bâtiments publics ? Tous en béton, tous à terre. Des cases en bois ? très peu en réalité.

A chaque fois, on nous fait croire qu’il suffit de construire en dur, à l’occidental, avec nos normes, notre savoir-faire et nos matériaux importés. La suprématie occidentale. Et pourtant, les images et les statistiques parlent d’elles-mêmes.

Attention, je ne suis pas en train de faire le procès d’une technique de construction ou d’une autre, ni de quiconque d’ailleurs. Mais je m’interroge sur ce que devrait être la suite. Car il faudra reconstruire. Des centaines de milliers haïtiens sont à la rue. Et il y aura d’autres catastrophes, ailleurs, des tremblements de terre, des tsunamis, des ouragans, des inondations, des explosions, ..., des guerres.

Alors comment faire ? Faut-il écouter nos experts ? et reconstruire plus gros, plus chers ? avec des produits et du savoir-faire importés ? Haïti en a t’elle les moyens.

Je m’interroge. Les cases en bois traditionnelles sont elles si fragiles ? si dangereuses ? Vaut-il mieux se prendre sur la tête des poutrelles en bois de quelques dizaines de kilo ou des dalles en béton de plusieurs dizaines de tonne ? Des haïtiens pourraient-il nous apporter leur témoignage ?

Je me demande s’il n’existe pas une 3ème voie ? une technique à base de matériaux locaux, mais une mise en œuvre selon des techniques modernes, ingénieuses ? Le meilleur de deux mondes pour un monde meilleur ?

UTOPIE ? peut-être pas ?

Ne peut-on imaginer des maisons qui protègent leurs habitants ? Comme une cuirasse ? Des maisons légères qui, même si elles s’écroulent, ne provoquent pas l’irréparable. N’y a t’il pas des architectes, des ingénieurs qui ont pensé à cela ? Il existe bien l’EURO NCAP pour l’automobile, un standard permettant d’évaluer le degré de sécurité d’un véhicule. A quand la maison airbag 5 étoiles ? Et pour tous ?

Un ingénieur ne pourrait-il nous inventer cette maison protectrice, faite de matériaux locaux et disponibles, écologique, fabriquée par les habitants eux-mêmes ?

SVP, réagissez à cet article. Toutes les infos intéressantes seront collectées ici. Si vous avez des infos, des photos, des liens web. Cet article évoluera dans le temps. Qui sait, cela peut servir un jour ?

Mise à jour du 14 Mars 2010 : Conférence donnée par un architecte de l’urgence

Conférence donnée par Patrick Coulombel, un bon p’tit gars qui a la tête sur les épaules.

Cet architecte va de le sens de l’argumentaire précédent : Les vieilles cases en bois ont tenu le coup. Les édifices en béton ont sérieusement morflé. Des pistes de réflexion pour la reconstruction.