Mes choix personnels en matière d’outillage

Bruno Caillard

"On reconnait un bon artisan à la qualité de ses outils" dit le dicton. Certes mais la qualité d’un outil n’est pas plus importante que la main qui le porte.

Pour l’autoconstructeur, il y a un compromis à faire entre l’usage, la fréquence d’utilisation, le confort et le budget. Sauf pour le particulier fortuné et écervelé, y mettre le prix n’est pas toujours la solution optimale.

Mon atelier : quel merdier !

Voici mes propres choix sur quelques outils essentiels ainsi que les erreurs que j’ai pu commettre. Forcément, je cite des marques mais c’est sans vouloir faire de publicité (cela-dit, si les marques citées positivement veulent me renvoyer l’ascenseur, je ne m’y opposerai pas. Pour les marques que je descends en flamme, libres à elles de répondre sur le forum de l’article).

Pour chaque outil, j’ai indiqué par un logo une Catégorie d’utilisation pour laquelle l’outil est indispensable :

Bricoleur occasionnel
Travail du Bois
Travail du métal
Autoconstruction - Maison traditionnelle
Autoconstruction - Maison bois

La scie sauteuse :

J’ai acheté il y a une quinzaine d’années une scie sauteuse basique BLACK-&-DECKER. Les produits B&D correspondent généralement aux "premiers prix". Ce sont des outils de qualité très moyenne en comparaison des autres grandes marques.
Ma B&D est une scie sauteuse simple et rustique, pas très puissante et peu précise. Mais elle m’a rendu de nombreux services.
Elle m’a laché au bout de treize ans, complètement usée.

La scie sauteuse BOSCH 850

Je l’ai remplacé par une BOSCH. J’ai constaté une nette amélioration dans la prise en main, la précision et la puissance. Rien à voir avec la B&D. Mais le plateau de la BOSCH s’est déformé très vite. Et c’est une véritable galère pour régler la perpendicularité de la lame. Au bout de deux ans d’utilisation, j’envisage déjà son remplacement. SHIT !

La scie sauteuse AEG 1200X

J’ai commandé au père-Noël une AEG avec un plateau rigide en fonte d’alu. L’outil a l’air costaud et bien fini. Je vous en reparle dans quelques années. Je reparle de cette marque un peu plus loin dans l’article.

La scie circulaire :

Là aussi, j’ai acheté une scie circulaire B&D il y a une quinzaine d’années. Le carter de protection et le plateau ont maintenant beaucoup de jeu et il m’est difficile de régler correctement la perpendicularité. Mais elle est toujours fonctionnelle bien qu’elle en ait vu de toutes les couleurs.

Finalement, B&D, c’est pas tant de la daube que cela pour qui ne peut pas trop investir ou pour un usage occasionnel.

La visseuse-dévisseuse :

C’est aussi un outil essentiel dés lors qu’on y a goutté une fois. La visseuse-dévisseuse permet de travailler rapidement et effectue des vissages qui peuvent ne pas être possible avec le traditionnel tournevis.

Ma première visseuse était une METABO. METABO a une grosse réputation et les outils sont parmi les plus chers. Mais j’avais décidé de mettre le prix, pour une fois. Au bout de quelques années, un des pack accu a complément lâché. J’ai cherché à le remplacer mais la pièce détachée coutait plus cher que l’ensemble. Heureusement, il me restait le second accu. Puis le mandrin a fini par se gripper avec un forêt coincé dedans. J’ai chercher à remplacer le mandrin mais là encore le prix de la pièce détachée METABO était rédhibitoire.

Un peu dégouté des "grandes marques", j’ai décidé d’acheter une visseuse premier prix, made-in-china, pour une trentaine d’euros. J’ai été agréablement surpris par sa puissance. Pour ce prix, j’en ai acheté une seconde quelques mois plus tard. Malheureusement, tous les accus ont fini par péricliter en moins de deux années, encore plus rapidement que la METABO.

Ma visseuse pneumatique

Ne souhaitant pas mettre une visseuse et ses accus à la poubelle tous les deux ans (manière de parler, les accus doivent être rapportés chez un spécialiste pour le recyclage), j’ai cherché une autre solution. Il me fallait un outil puissant, léger, maniable, autonome et pérenne. J’ai fini par trouver le bon compromis : j’ai trouvé sur EBAY une visseuse-dévisseuse pneumatique, à brancher sur un compresseur. Tous mes critères sont remplis. J’en suis ravi. Le seul problème est que la visseuse est alimentée en air comprimé par un tuyau raccordé à un compresseur qui lui n’est pas très mobile. Lorsque je n’ai pas envie de trimbaler le compresseur, je fais le vissage avec la perceuse filaire (si si ça marche si on y va doucement).

La perceuse :

Ma première perceuse était une petite BLACK-&-DECKER très basique. Elle fonctionne toujours et je l’utilise comme malaxeur. Mais son manque de puissance et de souplesse m’ont incité à en acquérir une nouvelle.

Perceuse METABO (pas bien !)

J’ai donc opté pour une METABO... qui m’a laché un mois après la fin de la garantie : mandrin bloqué (tiens, comme la visseuse !) et moteur à genoux. J’ai été voir le vendeur du casto-merlin en demandant que la garantie soit tout de même appliquée, prétextant que METABO ne devait pas faillir à sa réputation. Ce en quoi le vendeur du casto-merlin était d’accord. Mais ne pouvant s’engager à la place de METABO, il m’a conseillé d’en acheter une neuve en attendant l’accord de METABO. Quinze jours plus tard, désaccord de METABO. J’aurai pu rendre la METABO neuve mais j’ai laissé tombé.
Au bout de six mois, devinez quoi ? La 2ème METABO lache : moteur HS. Mais ce coup-ci, elle était encore garantie. Alors j’ai patiemment ré-expliqué mon histoire au vendeur en lui indiquant que je ne voulais plus de METABO, définitivement. Donc, casto-merlin m’a remboursé.

Perceuse AEG (biennn !)

Et j’ai achèté une AEG, une perceuse-perforateur avec deux mandrins dont un SDS. Pour ceux qui ne connaisse pas, le système SDS permet de perforer du béton bien plus facilement qu’avec une perceuse à percussion standard. La différence est impressionnante ; le forêt rentre tout seul en appuyant à peine. Par contre, il parait qu’un perforateur a moins de couple qu’une perceuse. Franchement, je n’ai pas vu une grande différence. Si vous avez beaucoup de trou à faire dans du béton, investissez dans un perforateur SDS. Un perforateur peut être utilisé comme une perceuse standard.
C’est avec cet outil que j’ai découvert AEG. C’est aujourd’hui ma marque préférée. On sent que ce matériel a une longueur d’avance sur les autres concurrents, notamment METABO. Cela ne veut pas dire que j’achète systématiquement de l’AEG mais lorsque je dois acheter un outil que j’utiliserai fréquemment, cette marque est en bonne position. Par contre, j’ai exclu définitivement METABO.

Le rabot :

Le rabot électrique n’est pas un outil indispensable surtout si l’on possède une combinée-bois. J’avais acheté un made-in-china à 10 euros parce j’avais besoin de raboter des plaques d’agglo fixée au sol ; pas franchement l’utilisation habituelle.

La ponceuse vibrante :

Outil de finition indispensable. Ma première ponceuse était une BLACK-ET-DECKER qui a rapidement claqué.
Alors j’ai acheté une SKILL avec corps et plateau en fonte d’alu. C’est un outil puissant et résistant. Malheureusement, ce produit ne se fait plus.

La ponceuse à bande :

Moins indispensable que la ponceuse vibrante mais utile lorsqu’il y a beaucoup de matière à retirer. Attention, l’utilisation de cet outil est très délicate et on laisse facilement des marques sur le support. A utiliser pour le dégrossissage, finir à la ponceuse vibrante.
J’ai acheté une made-in-china mais j’ai recherché et trouvé un produit de bonne qualité, un peu plus cher que le premier-prix.

La meuleuse d’angle :

La petite meuleuse d’angle est très utile pour les petites travaux de maçonnerie et de métallurgie. C’est un outil qui est très sollicité.
Au début j’avais une PEUGEOT qui a duré quelques années mais pas suffisamment à mon goût.
J’ai donc acheté un premier prix qui m’a lâché dans les premières semaines d’utilisation. Mais la différence de prix étant tellement importante d’avec les marques que j’ai persisté et racheté un premier prix. Par contre, j’ai regardé la qualité de plus près et choisi un autre modèle qui fonctionne encore aujourd’hui.

La grosse meuleuse :

Outil indispensable pour les travaux de maçonnerie, pratique pour recouper des parpaings par exemple.
J’ai acheté il y a plusieurs années une PEUGEOT qui tient encore le coup malgré les mauvais traitements.
L’achat d’un disque diamant est un bon complément d’autant que l’on trouve maintenant des premiers prix corrects.

La tronçonneuse/meuleuse de table :

Cela ressemble à une grosse trancheuse à jambon. C’est un outil fantastique pour couper rapidement et en sécurité des profilés métalliques. La coupe est nette et droite.
N’utilisant cet outil que de façon très occasionnelle, j’ai acheté une made-in-china à 80 euros. J’en suis très content.
Mon seul regret : ne pas l’avoir acheté plus tôt.

Le compresseur :

On peut utiliser de nombreux outils pneumatiques associés à un compresseur : meuleuse, perceuse, visseuse, soufflette, gonfleur, pistolet à peinture, burineur, etc.
Pour le bricoleur chevronné, c’est un bon investissement.

La combinée-bois :

A réserver aux passionnés du travail du bois qui ont de la place. La combinée sera également vite amortie pour l’autoconstructeur en bois.

Combinée KITY : la partie scie/toupie

Mon choix s’est porté sur la petite KITY WOODMASTER. C’est une combinée de faible puissance mais très polyvalente et d’un prix raisonnable. De plus, elle se sépare en deux parties : la partie scie/toupie et la partie rabo/dégau/tenonneuse. Cela permet d’organiser l’atelier de façon modulaire et de déplacer la combinée très rapidement.

Combinée KITY : la partie rabot/dégau

Pour le moment, je l’ai utilisé comme une "grosse" c’est-à-dire que j’ai fait des travaux intensifs sur des grosses pièces. Par exemple, j’ai réalisé tout le bardage de la maison ce qui représente des dizaines de m².
Je n’ai pas eu à l’utiliser pour réaliser des petites pièces ; je ne peux donc pas donner mon avis sur la précision.

Le touret à meuler :

J’avais acheté un touret premier-prix il y a une dizaine d’année. Je regrette : les disques vibrent, les protections trop fragiles sont cassées, toutes les pièces se démontent à cause des vibrations.C’est un outil devenu dangereux que je dois remplacer.
J’envisage l’achat d’un touret de meilleure qualité avec un pierre à eau.

La bétonnière :

J’ai une petite bétonnière achetée d’occase (mais elle était quasiment neuve). J’ai déjà remplacé les roulements une fois. Généralement, c’est le moteur qui lâche en premier.
La bétonnière est un outil qui s’use finalement assez vite. D’autant que vos voisins et amis vous l’emprunteront assez fréquemment.
Pour l’autoconstructeur en maçonnerie, je conseille l’achat d’une bétonnière semi-pro. Si possible, choisissez une bétonnière "1 sac" qui permet de gâcher du béton équivalent à un sac de ciment en une seule fois. La bétonnière pourra éventuellement être revendue à la fin des travaux, surtout si c’est du bon matériel.

La pince à riveter :

Si il y a un outil que j’ai consommé, c’est bien la pince à riveter. J’ai eu au moins trois pinces made-in-china que j’ai toutes explosées. Finalement, je me suis décidé à acheté une pince FACOM, beaucoup plus chère. Les outils FACOM sont garantie à vie. Finalement, je vais peut-être mis retrouver, au rythme auquel j’usais les pinces.

le pistolet à silicone :

Comme pour la pince à riveter, j’en ai broyé une bonne quantité. Finalement, j’ai acheté un pistolet silicone de bonne qualité ; que j’ai mis du temps à trouver. Je n’ai pas encore suffisamment de recul pour vous dire si le surcoût est rentable.

Tournevis, clés et pinces diverses :

Éviter les premier-prix qui peuvent être tentant mais qui vous regretterez probablement. Sans non plus tout investir dans du FACOM, il existe de bons outils avec un excellent rapport qualité-prix. Regardez la qualité de près.

Conseils et Conclusion :

Pour les outils que vous allez utiliser fréquemment, surtout ceux soumis à rude épreuve, choisissez plutôt une grande marque, voir du matériel professionnel pour une utilisation intensive. Pour ma part, ma marque préférée est AEG.

Pour les outils occasionnels, les premiers prix made-in-china peuvent être de bons achats. Il suffit de bien jauger l’outil, scruter les détails et la finition, la qualité des plastiques. Bien sûr, il ne faut pas être exigeant mais il existe des différences de qualité d’un produit à l’autre dans cette même gamme de prix. Acheter avec discernement. Si possible, utiliser l’outil pendant la première année de garantie. Si c’est de la daube, il claquera pendant cette période et il ne restera plus qu’à faire un échange standard.

Enfin, pour des usages très très occasionnels, la location est une option rationnelle qui permet de travailler avec des outils de pro.