L’essentiel sur le crédit immobilier

Bruno CAILLARD

Quand on souhaite procéder à un achat ou à des travaux de construction ou de réparation sur un bien immobilier, il est courant de demander un crédit immobilier pour un financement partiel voire intégral.

crédit immobilier

Il faut savoir que c’est la loi du 13 Juillet 1979 qui régit le crédit immobilier :

  • En mettant en place un lien juridique entre le contrat de crédit et le contrat d’accession immobilière. Grâce à ce lien, l’acquéreur a la possibilité de résilier son contrat d’accession dans le cas où il n’obtient pas le crédit sollicité.
  • En fixant les modalités d’information de l’emprunteur en matière de publicité sur le crédit et en imposant un délai de réflexion de 10 jours à compter de la réception de l’offre.

Il faut savoir que le crédit immobilier se présente sous forme de prêt d’un montant précis et est accordé par une banque ou un organisme financier spécialisé. Son remboursement se fait sur plusieurs années, sauf quand il s’agit d’un prêt relai qui couvre la période d’attente entre l’achat d’un bien immobilier et la revente d’un autre bien.

Information de l’utilisateur du crédit

Il faut que le prêteur rédige son offre sur papier mais de façon unilatérale, autrement dit seul le prêteur s’engage. En fait l’offre dont on parle se présente comme un document remis ou adressé contre un récépissé. On doit y trouver les informations suivantes :

  • l’identité des parties et les cautions déclarées
  • la nature, l’objet, les modalités de prêt autrement dit la date et la condition de mise à disposition des fonds et l’échéancier des amortissements
  • le montant du crédit qui pourrait être accepté et parfois la fraction périodiquement disponible qui pourrait dépendre de l’état d’avancement des travaux (ouverture du chantier, élévation en cours, mise hors eau, achèvement, etc.)
  • le coût total
  • les assurances, les sûretés réelles (les hypothèques) ou personnelles (cautionnement) qui conditionnent l’octroi du prêt
  • les délais de maintien et de rétractation de l’offre
  • le montant des frais d’études.

Quelle protection quand on se lance dans un crédit immobilier ?

Le prêteur est dans l’obligation de maintenir son offre pendant 30 jours à compter de sa réception par l’emprunteur. Pendant ce délai, l’emprunteur peut comparer les offres disponibles sur le marché. Il faut savoir qu’il ne peut pas répondre avant 20 jours, la réponse doit se faire par la suite par lettre avec accusé de réception. Par ailleurs, tout versement est interdit avant 30 jours. Toutefois, même si l’emprunteur a accepté définitivement le contrat de prêt, il existe une condition résolutoire légale dans le cas où l’opération principale financée n’est pas réalisée dans les 4 mois au minimum de l’acceptation. Dans ce cas là, l’emprunteur doit remettre les sommes déjà versée avec les intérêts.

Quand l’emprunteur contracte plusieurs crédits pour le financement d’une même opération, il y a une condition suspensive de l’obtention des autres prêts. Chacun des prêts n’est définitif que lorsque les autres prêts ont été obtenus. Dans le cas où l’emprunteur ne peut recevoir la totalité des prêts sollicités, il est libéré de son obligation concernant le ou les prêts précédemment obtenus. Cependant la condition suspensive ne s’applique que si l’emprunteur a indique à chaque prêteur sollicité l’existence de la pluralité des crédits ou quand le prêt refusé est d’un montant supérieur à 10% du crédit total.

Il faut aussi trouver dans l’offre préalable l’évaluation du coût des sûretés réelles (hypothèque), personnelles (cautions) ou adhésion à un fonds de garantie auquel l’octroi du prêt est conditionné. L’adhésion à une assurance contre le non remboursement en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur peut aussi être exigée. Si c’est le cas, le prêteur doit annexer au contrat une notice qui précise dans quelles conditions l’assurance intervient. L’emprunteur doit aussi s’engager à verser en plus du montant du prêt et des intérêts une clause pénale en cas de non-paiement à l’échéance prévue. Son montant est fixe de façon forfaitaire et le prêteur n’aura pas à justifier un préjudice. A noter que le remboursement anticipé en tout ou en partie ne peut s’appliquer que si le remboursement est supérieur à 10% du montant initial du prêt sauf quand il s’agit du solde.

Que faire en cas de défaillance de l’emprunteur ?

Si l’emprunteur connait des difficultés en cours de prêt, il peut demander l’intervention du juge des référés pour obtenir une suspension de l’exécution de ses obligations. Le délai de grâce judiciaire est limité à un an renouvelable dans le cas d’un licenciement. Il se pourrait que le juge décide que pendant cette période, les échéances ne produiront pas d’intérêts.

Du côté du prêteur, deux cas peuvent se présenter :

  • Soit il repousse le remboursement du prêt, une majoration du taux d’intérêt est à prévoir selon le contrat.
  • Soit il exige le remboursement du capital encore dû et des intérêts échus. Il peut alors exiger une indemnité plafonnée avec possibilité de révision judiciaire ou réclamer le remboursement des frais taxables autrement dit des frais résultant de la défaillance de l’emprunteur.

Conséquence d’une non-obtention du prêt

Dans certains contrats de vente, de promesse unilatérale de vente ou d’achat ou encore de compromis, il est possible d’insérer une condition suspensive c’est-à-dire dépendant d’un événement futur et incertain. Dans ce cas là, le contrat n’est réalisé que si l’acheteur obtient son prêt. On doit aussi trouver dans le contrat si le prix sera payé en tout ou partie sans prêt ou avec un seul ou plusieurs prêts.

La condition suspensive est d’une durée minimale d’un mois à partir de la signature de l’acte dans le cas où celui-ci est passé devant le notaire ou à partir de la date d’enregistrement si l’acte se fait sous seing privé. Une durée conventionnelle supérieure à 1 mois peut être prévue dans le contrat. Dans le cas où le prêt n’est pas obtenu pendant le délai, la vente est annulée et les sommes préalablement payées par l’acquéreur doivent être remboursées par le vendeur sans retenues ni indemnités. A noter que la condition suspensive s’applique dans le cas où le prêt escompté sert à financer les dépenses de construction, de réparation, d’amélioration ou d’entretien. Il faut alors que le maître d’ouvrage avertisse son co-contractant avant que les travaux commencent.