Construction de murs de soutènement en rondins de bois

Bruno Caillard

De nombreux aménagements de jardin peuvent être réalisés avec des rondins en bois massif. Cet article montre la réalisation de trois murs de soutènement en bois massif.

La réalisation de ce type de mur en bois massif présente plusieurs avantages :

  • facilité de mise en œuvre, pas besoin d’outillage spécifique, pas d’engin de chantier,
  • coût très faible, environ 10 euros/m²,
  • ouvrage non définitif qui peut être facilement supprimé, déplacé ou adapté,
  • esthétique, excellente intégration à un environnement naturel,
  • drainage naturel,
  • constitué exclusivement de matériaux écologiques.

Choix du bois

Pour le choix du bois, il existe une alternative aux traverses de chemin de fer cancérigènes et aux rondins en sapin auto-clavés toxiques : le rondin en châtaignier. Le bois de châtaignier était utilisé jadis pour réaliser des piquets de clôture ou des bardeaux de toiture. C’est donc un bois naturellement résistant à l’humidité, idéal pour des aménagements de jardin. On le trouve dans le commerce pour du bois de chauffage mais comme il est boudé par les clients (il éclate sous le feu de la cheminée), il est généralement plus économique que le chêne, le hêtre ou le charme. J’ai trouvé 10 stères de rondins de châtaignier en longueur 2m pour 50 euros/stère. Mais on peut en trouver pour moins de 40 euros/stère.

Les différentes techniques

Il existe différentes techniques plus ou moins complexes. Les deux techniques de pose suivantes sont les plus simples et ne nécessitent aucun matériaux supplémentaires ou outillage complexe :

Figure A
  • on plante tous les rondins verticalement, côte à côte (Figure A). Cette technique permet d’obtenir une résistance mécanique élevée mais elle consomme plus de bois et nécessite plus de travail pour creuser la tranchée dans laquelle sont enfichés les rondins.

La profondeur d’enfoncement des rondins est fonction de la nature du sol (mou/dur), de la hauteur du mur et de la charge à supporter (remblai instable ou sol stable). En moyenne, on peut prendre 1/3 enfoncé en terre pour 2/3 de mur.

Le diamètre des rondins est lui aussi fonction de la hauteur de mur. A titre d’exemple, on peut prendre des rondins de 14 cm pour un petit mur de 50 cm ; et des rondins de 20 cm pour un mur de 1m50.

Figure B
  • on plante un rondin verticalement tous les X métres, X correspondant à la longueur d’un rondin horizontal. On dispose des rondins horizontalement les uns sur les autres entre la terre et les poteaux verticaux. Les rondins horizontaux n’ont pas besoin d’être fixés mécaniquement car ils sont maintenus contre les poteaux par la pression de la terre (Figure B).

La profondeur d’enfoncement des rondins verticaux est fonction de la nature du sol (mou/dur), de la hauteur du mur et de la charge à supporter (remblai instable ou sol stable). En moyenne, on peut prendre 1/2 enfoncé en terre pour 1/2 de mur.

Le diamètre des rondins verticaux est lui aussi fonction de la hauteur de mur. A titre d’exemple, on peut prendre des rondins verticaux de 14 cm pour un petit mur de 50 cm ; et des rondins de 20 cm pour un mur de 1m50.

La pression de la terre étant plus importante au pied du mur, les rondins horizontaux du bas du mur ont un diamètre plus élevé que ceux du haut. Pour un petit mur < 50cm, on peut prendre des rondins horizontaux de 14 cm. Pour un mur de hauteur supérieure à 1 m, les rondins horizontaux doivent faire plus de 17 cm, au moins en bas du mur.

Ces deux techniques conviennent pour des murs jusqu’à 1m50 de hauteur. Au dessus, il est préférable de s’orienter vers d’autres techniques.

A noter également que plus les rondins ont un diamètre élevé, plus la proportion d’aubier est faible, plus la proportion de duramen est importante. Ils sont donc plus résistants aux insectes et champignons xylophages.

Les trois exemples plus loin sont fabriqués suivant la méthode de la figure B.

Utilisation d’une tarière

Pour creuser les trous, on peut utiliser une tarière ou bien creuser à la bêche. Dans ce dernier cas, il suffit de creuser un trou carré dont le côté correspond à la largeur de la bêche. Au fur et à mesure que l’on creuse, il devient plus difficile d’enlever la terre avec la bêche ; on retire alors à la main ; la bêche servant à trancher la terre par petites mottes.


Calcination des bas de poteaux

Les poteaux enterrés n’ont normalement pas besoin d’être traités mais on peut brûler superficiellement les parties enterrées. Cela provoque une rétification de surface qui augmente la résistance au pourrissement et aux insectes xylophages.

Les poteaux horizontaux ne nécessitent pas non plus de protection complémentaire. Certains ajoutent un géotextile, qui n’empêchera ni l’humidité ni les agents destructeurs de faire leur œuvre. D’autres intercalent un film plastique ce qui nuit au drainage du mur et peut augmenter la pression de la terre sur le mur en cas de forte pluie. Personnellement, je n’ai rien mis.

Les poteaux verticaux doivent être enterrés à au moins le 1/3 de la hauteur du mur, la moitié si possible. Et le plus important : le remblayage de l’espace libre autour du rondin vertical doit être réalisé avec des gravas que l’on tasse à la masse. Cela garantit d’une part la stabilité du poteau et assure un certain drainage. Ne remblayer pas le poteau vertical qu’avec de la terre : à la prochaine pluie la terre s’amollit et le poteau s’affaisse sous la pression de la terre derrière. Il peut également être judicieux de donner du fruit aux poteaux verticaux.

1er exemple : une plate-forme pour un potager

Suite à des terrassements consécutifs à la construction d’un abri de jardin, plusieurs m3 de terre étaient disponibles et ont été mis à profit pour réaliser une plate-forme horizontale, le terrain étant en forte pente.

Creusage du logement du poteau à la bêche
Pose du 1er poteau
1er poteau


Transport des rondins jusqu’au chantier
Transport des rondins jusqu’au chantier
Tous les poteaux sont en place


La 1ère travée est terminée
On remblaie au fur et à mesure de la pose des rondins



Vue sur le plate-forme
Vue sur le plate-forme
Vue sur le plate-forme


Vue d’ensemble du mur terminé

2ème exemple : un bas de talus

3éme exemple : un autre bas de talus

Identification des emplacements des poteaux à l’aide de fer à béton
Identification des emplacements des poteaux à l’aide de fer à béton
Identification des emplacements des poteaux à l’aide de fer à béton


Pose des poteaux
Pose des poteaux
Poteau


Lavandes, sauges et fusains sont soulignés
Vue panoramique

Une autre technique de construction

Thierry S. nous a envoyé ces clichés. Ils montrent une technique différente mais toujours avec des rondins :