La génèse du projet Prendre le temps de réfléchir à son projet

Bruno Caillard

Il m’a fallu trois années de réflexion entre le premier coup de crayon et le premier coup de pelle. J’ai du concevoir quatre à cinq projets complètement différents, chacun ayant une dizaine de variantes. J’ai commencé avec un cahier, un crayon et une gomme. J’ai réalisé quelques maquettes en balsa puis je suis passé aux logiciels.

Pendant toute cette phase conception, le Web a été une source d’information importante mais c’est grâce à quelques ouvrages bien choisis que mes idées se sont peu à peu développées. Parmis mes bouquins de référence :

Voici quelques exemples de mes projets :

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Bioclimatique


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Un des premiers projets. J’ai suivi les principes bioclimatiques à la lettre : une enveloppe très isolante, très ouverte sur le sud avec ses grandes baies vitrées. L’habitation est perchée sur des pilotis pour limiter les terrassements. Une lourde structure de terre crue apporte inertie thermique et régulation hygrométrique.
A cette époque nous n’avions pas encore le terrain mais je savais déjà que nous nous installerions à flanc de coteau.
Les plans ont été réalisés avec Autocad.

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Moderniste


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Pour ce projet, nous possédions enfin le terrain. J’ai commencé à faire des plans qui en tenait compte. J’ai été très influencé par F.LoydWright, le courant moderniste. L’habitation est bien intégrée à la pente avec une partie semi-enterrée dans laquelle sont disposées les chambres. C’est une idée à retenir notamment pour le sud ; pour la fraicheur induite durant les nuits chaudes de l’été.
Les plans ont été réalisés avec Architecte 3D.

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Cela se précise


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Puis l’idée d’enterrer à moitié l’habitation m’a quelque peu effrayé. Je craignais les mouvements de terrain, les problèmes d’infiltration. J’avais tord car c’est probablement une des meilleures approches pour les terrains en pente, notamment pour de grandes habitations.
J’ai donc assis la maison sur une plate-forme décaissée, cerclée d’un mur de soutènement en amont.
J’ai retenu le principe du premier projet bioclimatique ; une structure maçonnée interne chauffée par une grande baie vitrée. Ce que j’ai appelé la véranda solaire.
Je me suis écarté de l’idée de la toiture terrasse et j’ai opté pour une forme plus contemporaine de toit métallique en arc de cercle. Si c’était à refaire, j’utiliserai encore plus de courbes mais pas de cette manière pour la toiture. Bien que très esthétique, une toiture courbe comporte de gros inconvénients : elle induit l’utilisation de techniques délicates à mettre en oeuvre, un coût élevé, des risques de condensations dû à la difficulté d’obtenir une ventilation suffisante, des problèmes d’intégration par rapport à l’environnement urbain existant.

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Projet final


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Le projet précédent avec une toiture métallique courbe a été refusée par l’administration. J’ai repris les plans et posé une toiture classique deux-pentes. Si le temps me l’eut permis, j’aurais du revoir tout le projet car la toiture-terrasse à l’arrière de la maison ne se marie pas du tout avec la toiture deux-pentes.

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Si c’était à refaire :

J’adopterai l’idée d’enterrer à demi le premier niveau, avec une grande surface en sous-sol.
Je conserverai l’enveloppe en ossature-bois et les grandes surfaces vitrées en façade sud. Par contre, je multiplierai les parties maçonnées à l’intérieur, pour améliorer l’inertie thermique ainsi que l’acoustique.
Je conserve le principe de volume simple, avec un minimum de décrochés. Par contre, j’envisagerai un volume inférieur et un volume supérieur décalés l’un de l’autre suivant l’axe et l’angle de la pente ; le niveau inférieur servant partiellement de terrasse au niveau supérieur.
Pour la toiture, le classique deux-pentes en tuiles, mais avec des lignes d’égout tout en courbe. Pour les annexes, une simple pente adossée au corps d’habitation principal.
Les principes bioclimatiques sont à connaitre et à utiliser tant que possible. Mais ils ne doivent pas diriger le projet. Ce qui compte avant tout est l’intégration de l’habitation à son environnement.